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21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 15:15

Lomé, le 20 août 2017 - The Guardian, dans son édition du 18 août 2017, a publié un article intitulé “How British American Tobacco exploited war zones to sell cigarettes” - «Comment British American Tobacco a exploité les zones de guerre pour vendre des cigarettes» qui fait la lumière sur comment la multinationale de tabac a profité des environnements instables et non réglementés dans les pays africains pauvres ravagés par la guerre, pour mener sans scrupules des affaires en vue de commercialiser ses produits et de gagner de l'argent.

 

The Guardian révèle que British American Tobacco a payé des milices plutôt que des impôts aux gouvernements, en injectant illégalement des sommes énormes en République Démocratique du Congo pour des transactions frauduleuses, en collaborant avec des groupes rebelles pour mener des affaires et fournir des armes à feu à ses employés. Ces pratiques de la multinationale ressemblent à un système de gangsters très organisé alors que la société prétend adhérer aux normes commerciales et éthiques les plus élevées.

 

L'Alliance pour le Contrôle du Tabac en Afrique (ACTA) condamne fermement la conduite de British American Tobacco et demande instamment au gouvernement britannique d'enquêter sur les allégations faites par The Guardian.

 

A un moment où la consommation de tabac diminue dans la plupart des régions du monde, l'Afrique risque de devenir l'épicentre de l'épidémie de tabagisme dans l’avenir. L’industrie du tabac utilise tous les moyens possibles pour augmenter la vente et la consommation. Les groupes vulnérables comme les enfants sont systématiquement ciblés, en particulier dans les écoles, comme le souligne le rapport "Grands cigarettiers, petites cibles” publié par l’ACTA en 2016. Il continue de faire pression aux hauts niveaux des gouvernements pour des mesures faibles de lutte contre le tabagisme tout en contestant en justice les décisions politiques, et est determiné à ralentir la domestication de la CCLAT.

 

L'histoire sombre des pratiques corrompues de l'industrie du tabac est un appel clair aux gouvernements en Afrique à agir de manière décisive et sauver nos populations des conséquences sanitaires et socio-économiques de l'épidémie de tabagisme.

Néanmoins, le vent du changement souffle, lentement mais sûrement à travers le continent. Il y a de l'espoir pour l'Afrique lorsque le Premier ministre de la Tanzanie, un pays fortement dépendant de la culture du tabac, préconise ouvertement les cultures alternatives.

 

CONTACT: Leonce Sessou – sessou@atca-africa.org  +228 964 335 96

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10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 20:56

Dans une nouvelle étude publiée dans The Lancet, des chercheurs de l’Institute for Health Metrics and Evaluation (institut de mesures et d'évaluation sanitaires) de l’université de Washington à Seattle ont mis en évidence que les taux de tabagisme quotidien chez les hommes et chez les femmes au niveau mondial ont reculé depuis 1990 ; mais, en raison de la croissance de la population, le nombre de fumeurs dans le monde a lui augmenté. L’étude Global Burden Disease (charge mondiale de morbidité) estime les taux de tabagisme quotidien, le nombre de fumeurs, les décès imputables au tabagisme et la charge de morbidité attribuable au tabagisme par sexe, âge et année pour 195 pays et territoires de 1990 à 2015. Les chercheurs ont également examiné les résultats au regard du niveau de développement du pays, mesuré par l'indice socio-démographique, qui prend en considération les niveaux de revenu et d’éducation et les taux de fécondité.

 

Les principaux résultats :

  • Le taux mondial de tabagisme quotidien a diminué de 28 % chez les hommes et de 34 % chez les femmes entre 1990 et 2015.

En 2015, dans le monde :

    • 25 % des hommes fumaient quotidiennement.
    • 5 % des femmes fumaient tous les jours.
  • On dénombrait 933 millions de fumeurs quotidiens sur la planète cette année-là.
  • La même année, 6,4 millions de décès étaient imputables au tabagisme. Cela représente 11 % de la totalité des décès enregistrés en 2015.
    • 52 % des décès sont survenus dans quatre pays : Chine, Inde, État-Unis et Russie.
  • Chez les hommes, les taux de tabagisme quotidien étaient les plus élevés dans la tranche d’âge comprise entre 25 et 35 ans dans l’ensemble des pays, tous niveaux de développement confondus.
  • Chez les femmes, les taux de tabagisme quotidien culminaient généralement autour de l’âge de 25 ans dans les pays dont le niveau de développement était moyennement élevé à élevé mais il augmentait jusqu'à l’âge de 60 ans dans les pays dont le niveau de développement était faible à moyen.
  • La charge de morbidité du tabagisme a augmenté considérablement dans les pays dont le niveau de développement était faible ou moyennement faible. Cette hausse est due principalement à la croissance de la population, à son vieillissement ou à une combinaison de ces deux facteurs.

 

Les messages forts :

  • Les gouvernements doivent agir pour prévenir la propagation de l’épidémie de tabagisme et les conséquences dévastatrices de ce dernier pour la santé.
  • La Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac impose aux Parties l’obligation d’adopter et de mettre en œuvre des mesures éprouvées visant à réduire le tabagisme, et le programme de politiques MPOWER aide les pays à satisfaire à cette obligation.
  • Tous les gouvernements devraient adopter et mettre en œuvre des politiques d’interdiction de fumer dans les lieux publics ne tolérant aucune exception, d’interdiction globale de la publicité, de mises en garde sanitaires graphiques de grande taille sur les produits du tabac, et de majoration des taxes sur le tabac.

 

Citation complète : GBD 2015 Tobacco Collaborators. Smoking prevalence and attributable disease burden in 195 countries and territories, 1990–2015: a systematic analysis from the Global Burden of Disease Study 2015. The Lancet. 2017. Publié en ligne le 5 avril 2017.

http://dx.doi.org/10.1016/S0140-6736(17)30819-X

 

Texte complet disponible [en anglais uniquement] à l’adresse suivante :http://dx.doi.org/10.1016/S0140-6736(17)30819-X

Lien vers les données GBD [en anglais uniquement] : http://www.healthdata.org/gbd/news-events/news-releases#/data-methods.

 

The Lancet est l’un des journaux médicaux généralistes les plus anciens et les plus respectés au monde. Depuis plus de 180 ans, il fait office de porte-parole indépendant et fait autorité dans le secteur de la médecine mondiale.

 

Pour toute question concernant cette étude ou la façon dont vous pouvez l’utiliser dans le cadre de vos efforts de lutte antitabac, n’hésitez pas à envoyer un courriel à l'adresse suivante :globalresearch@tobaccofreekids.org

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1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 16:26

L'expansion rapide de l'épidémie du tabagisme pose de plus en plus de graves problèmes socioéconomiques et sanitaires sérieux en Côte d’Ivoire comme dans de nombreux pays. Dès lors, le Gouvernement ivoirien a pris la juste mesure de ce phénomène en posant des actions notables, notamment la ratification de la Convention-cadre de l’OMS pour la Lutte Antitabac (CCLAT) le 28 janvier 2010 et la prise du décret d’interdiction de fumer dans les lieux publics et les transports en commun le 10 octobre 2012.

Dans la vision de la CCLAT, notre pays s’est engagé dans le processus de prise de loi en adoptant un projet de loi relatif à la lutte antitabac en Côte d’Ivoire en Conseil des Ministres en décembre 2014. Ce projet n’a pas répondu à l’espérance placée en lui. Il n’a jusque là pas été transmis à l’Assemblée Nationale par le Gouvernement ivoirien. Cette contreperformance s’explique par l’ingérence des firmes de tabac, qui notamment font pression sur le législateur pour dénaturer les textes de loi initiaux, les priver de toute substance et les remplacer par des textes faisant la part belle aux solutions favorisant leurs intérêts. C’est le cas par exemple du prétendu système d’authentification et de traçabilité, Codentify, développé par Philip Morris International, qui a fait pression sur le Ministère de Commerce ivoirien pour qu’il l’adopte, en dépit du fait que ce système n’est pas agréé par le Protocole international pour éliminer le commerce illicite des produits du tabac.

C’est dans ce contexte que nous apprenons qu’un atelier a été organisé par AllAfrica dirigé par Amadou Makhta Ba et financé par Phillips Morris International, les 8, 9 et 10 juillet 2016 à Grand-Bassam, sur le thème « Comprendre l’environnement réglementaire du tabac en Afrique : enjeux, perspectives et quels rôles pour les médias ». Présentée comme une initiative apparemment anodine visant à former les journalistes, cette activité n’est en fait qu’une nouvelle et grave tentative de manipulation des médias de notre région, et, à travers eux, de l’opinion publique et des décideurs politiques.

Cet atelier a permis en premier lieu au directeur des affaires institutionnelles de Philip Morris International de répandre la propagande et la désinformation de sa société, qu’il convient de démentir fermement :

- Non, l’industrie du tabac ne crée pas d’emplois : il est établi que l’effet global de cette activité sur le marché du travail est une destruction nette de postes du travail (rapport de la Banque Mondiale).

- Non, les nouveaux produits dits « à risque réduits » ne sont pas la solution : ces produits ne sont pas inoffensifs et leur but n’est autre que de maintenir la population dans un esclavage consumériste par l’addiction à la nicotine.

- Non le tabac n’apporte aucun enrichissement au gouvernement ni au pays : les coûts sanitaires et sociaux qu’il engendre dépassent de loin les recettes fiscales qu’il produit. Le tabac n’a qu’un seul but : entraîner la population dans l’addiction à une substance toxique (la nicotine, qui est un puissant insecticide) pour créer un comportement de consommation compulsif, permettant aux multinationales du tabac de ponctionner une partie des revenus du pays et d’engendrer des profits qui vont dans les poches de ses riches actionnaires occidentaux.

- Non, les multinationales du tabac et tous ceux qui travaillent pour ces entreprises ne sont pas des interlocuteurs valables : l’industrie du tabac étant la cause de l’épidémie de tabagisme, il ne fait pas plus de sens de discuter avec eux que de discuter avec des moustiques pour lutter contre le paludisme.

- Non, les organisations de la lutte antitabac n’étaient pas présentes à cet atelier, contrairement à ce que prétendent ses organisateurs : la seule présence était l’auteur d’un blog anglais dont la spécialité consiste à entretenir la controverse sur la cigarette électronique et dont la crédibilité en tant qu’organisation de la lutte antitabac est nulle.

Aussi nous, organisations de la société civile engagées dans la lutte contre le tabac en Côte d’Ivoire, avec nos partenaires d’Afrique et du monde, signataires du présent communiqué, exprimons notre condamnation sans appel des connivences et compromissions de certaines autorités de la République, de certaines organisations non-gouvernementales et de certains organes de presse avec les firmes de tabac, dont cet atelier est un exemple manifeste. Nous invitons par ailleurs toutes les personnes et organisations de bonne foi qui seraient tombées malgré elles dans le piège que leur a tendu Philip Morris International à prendre conscience de cette tentative de manipulation et de se joindre à nous pour la condamner avec fermeté.

Il est maintenant reconnu universellement (et notamment par l’Organisation mondiale de la santé et la Convention-cadre pour la lutte antitabac) que les firmes de tabac sont les vecteurs du tabagisme partout dans le monde, et dans nos pays en particulier. Il est inadmissible que ces ennemis de la santé des populations puissent initier des séances de travail avec des acteurs public et des représentants des médias, en vue d’intoxiquer l’opinion publique, de manipuler les décideurs politiques, de répandre la désinformation, dans le but ultime d’empêcher la mise en œuvre de la Convention-cadre de lutte antitabac et ses dispositions pertinentes, et de maintenir la population dans la dépendance à son produit mortel.

Par conséquent, nous, organisations de la société civile engagées dans la lutte contre le tabac en Côte d’Ivoire, avec nos partenaires d’Afrique et du monde, dans notre rôle de contrôle citoyen,

1. alertons les organes de presse pour les mettre en garde contre les tentatives des multinationales du tabac de séduire les journalistes en se présentant comme des interlocuteurs responsables et crédibles, alors qu’elles sont en fait des entreprises délinquantes qui ont été condamnées à de nombreuses reprises, notamment pour des activités s’apparentant au crime organisé par une cour fédéral américaine, que le mensonge est une partie essentielle de leur culture d’entreprise, et que leur seul but est de faire le maximum de profit en vendant un produit qui tue prématurément un consommateur régulier sur deux ;

2. dénonçons et condamnons avec véhémence les manœuvres de manipulations, de sabotage et d’ingérence des firmes de tabac visant à désinformer les populations, à façonner l’opinion publique, et finalement à influencer les décideurs politiques, pour les induire à prendre des décisions favorables à leurs intérêts commerciaux, au détriment de la santé de la population et du développement du pays ;

3. mettons en garde les firmes de tabac, qui conscientes de l’illégalité de leurs actions, persistent délibérément dans la désinformation et la manipulation de l’opinion publique. Nous sommes résolus à contrer leurs actions en tout lieu et en tout temps, avec la plus grande fermeté, et par tous les moyens légaux possibles, y compris sur le plan judiciaire ;

4. lançons un appel ultime aux autorités ivoiriennes, notamment aux services du Premier Ministre, de tout mettre en œuvre pour transmettre sans délai à l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire le projet de loi relatif à la lutte antitabac adopté en Conseil des Ministres le 17 Décembre 2014 ;

5. sommes résolus à entreprendre toute action nécessaire pour informer et soutenir les Députés ivoiriens en vue de l’adoption d’une loi antitabac forte et conforme à la CCLAT.

Par le Président de l'ONG CLUCOD et du ROCTA-CI

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27 avril 2016 3 27 /04 /avril /2016 10:58

La consommation de tabac par pipe à eau gagne en popularité dans le monde. Une méta-analyse de travaux de recherche sur la consommation de tabac par pipe à eau publiés dans les Public Health Reports compare les substances toxiques inhalées dans le cas d'une consommation de tabac par pipe à eau et dans le cas d'une consommation de tabac par cigarette. Sur la base de 17 études, l’article a analysé le volume de fumée inhalé et les niveaux de nicotine, goudron et monoxyde de carbone.

Les principaux résultats :

  • Fumer une simple cigarette revient à inhaler 0,6 litres de fumée, tandis que consommer du tabac par pipe à eau correspond à l’inhalation de 74,1 litres de fumée.
  • ·La consommation de tabac par pipe à eau a été associée à des niveaux de nicotine, de goudron et de monoxyde de carbone supérieurs aux niveaux d’une cigarette.

Les messages forts :

  • Les lois d’interdiction totale de fumer doivent inclure la pipe à eau dans tous les lieux publics fermés, y compris les cafés et les bars.
  • De grandes mises en garde sanitaires illustrées doivent être imprimées sur les emballages des produits du tabac pour pipe à eau et sur les pipes à eau elles-mêmes, et il convient d'interdire toute indication trompeuse quant aux effets sur la santé.
  • Toute publicité, toute promotion et tout parrainage concernant les pipes à eau doivent être interdits.
  • Les gouvernements doivent appliquer à la fois des mesures financières et des mesures fiscales pour augmenter le prix du tabac et des produits pour pipe à eau.
  • Il convient d'interdire les arômes et autres additifs toxiques.

Citation complète : Primack B, Carroll M, Weiss P, et al. Systematic review and meta-analysis of inhaled toxicants from waterpipe and cigarette smoking. Public Health Reports Janv. 2016.

Lien vers le texte complet de l’étude [en anglais uniquement] :http://www.primack.net/professional/articles/r075phr2015.pdf

Autres ressources :

  • Note consultative de l’OMS : Waterpipe tobacco smoking, 2nd Edition: Health effects, research needs and recommended actions for regulators. [En anglais uniquement] :http://www.who.int/tobacco/publications/prod_regulation/waterpipesecondedition/en/
  • Les Public Health Reports traitent de questions de santé publique émergentes dans les domaines de la pratique et de la recherche en santé publique. Ils sont publiés par l’Association of Schools and Programs of Public Health.

Pour toute question concernant cette étude, ces supports ou la façon dont vous pouvez les utiliser dans le cadre de vos efforts de lutte antitabac, n’hésitez pas à nous contacter par courriel à l’adresse suivanteglobalresearch@tobaccofreekids.org

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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 17:29

L'Organisation mondiale de la Santé a publié au début de ce mois une étude qui examinait la manière dont les taxes sur le tabac pourraient contribuer au Programme de développement durable pour 2030 en réduisant la consommation de tabac, en sauvant des vies et en générant des recettes fiscales. Les chercheurs ont élaboré un modèle de simulation du marché mondial des cigarettes à partir des données de 181 pays, qui représentaient 98 % du nombre total de fumeurs dans le monde. Ce modèle quantifie l'impact de la hausse de l'accise sur les prix de vente au détail des cigarettes, les produits des droits d'accise sur les cigarettes, la prévalence du tabagisme quotidien et le futur nombre de décès attribuables au tabagisme évités chez les adultes dans le monde en 2014.

Les principaux résultats :

· Au sein de la population adulte mondiale en 2014, environ 247 millions de fumeurs quotidiens décéderont d'une maladie imputable au tabagisme.

· En 2014, on estimait à 328 milliards de dollars américains le montant total des produits des droits d'accise générés, à l'échelle mondiale, par la vente de cigarettes.

· Une augmentation de l'accise sur les cigarettes d'un dollar international (0.80 dollar américain*) par paquet dans tous les pays aurait les impacts suivants :

  • Le prix de vente au détail moyen des cigarettes augmenterait de 63 % dans les pays à revenu faible, de 25 % dans les pays à revenu élevé, et de 42 % au niveau mondial.
  • La prévalence du tabagisme quotidien chez les adultes baisserait de 9%, passant de 14,1 % à 12,9 %, et l'on observerait 66 millions de fumeurs quotidiens en moins dans le monde.
  • Le nombre de décès attribuables au tabagisme chez les adultes qui étaient vivants en 2014 baisserait de 15 millions. La plupart des décès évités le seront dans les pays à revenu faible et intermédiaire.
  • Le montant des produits des droits d'accise sur les cigarettes générés au niveau mondial augmenterait de 47 %, soit 141 milliards de dollars américains de recettes supplémentaires.

Les messages forts

· La majoration des taxes sur le tabac permet d'éviter des millions de décès attribuables au tabagisme dans le monde et contribue à la réalisation des objectifs de santé mondiaux.

· En outre, cela peut générer les ressources fiscales nécessaires pour financer les priorités en matière de développement, notamment dans les pays à revenu faible et intermédiaire.

· Aux termes de l'article 6 de la Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac et des directives pour son application, les Parties doivent adopter et mettre en œuvre des politiques fiscales et des politiques de prix relatives au tabac qui visent à réduire la demande de produits du tabac.

*Taux de change sur le marché américain en juillet 2014.

Citation complète : Goodchild M, Perucic A, Nargis, N. Modelling the impact of raising tobacco taxes on public health and finance Bulletin World Health Organization 2016;94:250–257.

Le résumé de l'étude [en anglais, arabe, chinois, espagnol, français, russe] et texte complet de l'étude [en anglais seulement] sont disponibles à l'adresse suivante : - http://www.who.int/bulletin/volumes/94/4/15-164707.pdf

Autres ressources :

· Un guide conçu par l'Alliance pour la Convention-cadre (FCA) sur les activités de plaidoyer à mener pour promouvoir l'article 6 de la Convention-cadre de l'OMS et les directives pour son application [en anglais] est disponible à l'adresse suivante : http://www.fctc.org/media-and-publications/reports/price-and-tax/1251-fctc-guidelines-on-tobacco-tax-what-advocates-should-know

· Des points sur les faits sur la taxation du tabac, notamment les faits essentiels sur la politique fiscale en matière de tabac et la façon dont certains pays ont utilisé, avec succès, la politique fiscale afin de réduire la vente et la consommation de tabac [en anglais, arabe, chinois, espagnol, français, portugais, russe] sont consultables à l'adresse suivante :http://global.tobaccofreekids.org/fr/solutions/international_issues/taxation_price/

L'OMS est l'autorité directrice et coordinatrice dans le domaine de la santé au sein du système des Nations Unies.

Pour toute question concernant l'étude ou les supports, ou la façon dont vous pouvez les utiliser dans le cadre de vos efforts de lutte antitabac, n’hésitez pas à nous contacter par courriel à l’adresse suivante :globalresearch@tobaccofreekids.org.

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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 09:24

L'exposition au tabagisme passif est une cause avérée d'un grand nombre d'effets nocifs pour la santé qui provoquent des décès prématurés. Une étude récemment publiée dans la revue BMJ a mesuré les évolutions du nombre de décès dus à des maladies cardiovasculaires et respiratoires mais aussi à d'autres causes après l'entrée en vigueur d'une loi d'interdiction du tabac à Hong Kong. Selon cette loi votée en 2007, il est interdit de fumer dans les espaces intérieurs des restaurants, des lieux de travail et de tout autre espace public. Cependant, des dérogations ont été accordées (notamment aux bars) jusqu'en juillet 2009. Le Census and Statistics Department de Hong Kong a communiqué les données relatives au nombre de décès sur une période allant de 2001 à 2011. Les évolutions du nombre de décès ont été calculées en tenant compte du taux de tabagisme à Hong Kong.

Les résultats

·Dans les cinq années suivant l'entrée en vigueur de la loi d'interdiction du tabac à Hong Kong, les tendances suivantes ont été remarquées :

  • une réduction de 12,6 % des décès dus aux cardiopathies ischémiques ;
  • une réduction de 10,4 % des décès dus aux maladies respiratoires ;
  • une réduction de 6,2 % des décès dus aux maladies cardiovasculaires.

· Les diminutions du nombre de décès les plus importantes ont été notées chez les personnes âgées de 65 ans ou plus.

Les messages forts

· Le tabagisme passif engendre décès, maladies et incapacités

· Les lois d'interdiction totale de fumer exhaustives sauvent des vies.

· L'article 8 de la Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac oblige les Parties à adopter et à mettre en œuvre des politiques d'interdiction totale de fumer exhaustives dans tous les lieux publics, les lieux de travail et les transports publics afin de protéger le public des effets nocifs du tabagisme passif.

Citation complète : Thach T-Q, McGhee SM, So JC et al, « The smoke-free legislation in Hong Kong: its impact on mortality », Tobacco Control, première publication en ligne le 19 novembre 2015.

Le résumé de cette étude est disponible (en anglais uniquement) à l'adresse suivante :http://tobaccocontrol.bmj.com/content/early/2015/11/19/tobaccocontrol-2015-052496.abstract.

Autres ressources : pour en savoir plus sur les effets nocifs du tabagisme passif et sur les bénéfices des mesures antitabac, consultez la pagehttp://global.tobaccofreekids.org/fr/solutions/international_issues/smoke_free_laws/

Tobacco Control est une revue évaluée par les pairs au niveau international. Elle traite de la nature et des conséquences du tabagisme dans le monde entier. Cette revue s'adresse aux professionnels de la santé et à toutes les autres personnes engagées dans la lutte antitabac. C'est une publication du British Medical Journal.

Pour toute question concernant ces supports ou la façon dont vous pouvez les utiliser dans le cadre de vos efforts de lutte antitabac, n’hésitez pas à nous contacter par courriel à l’adresse suivante : globalresearch@tobaccofreekids.org

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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 12:15

Parmi le milliard de fumeurs répartis dans le monde entier, la plupart vivent dans des pays à revenu faible et intermédiaire. Une étude publiée dans la revue BMC Public Health examine la relation entre le tabagisme et les dépenses des ménages consacrées à l'alimentation, à l'éducation et aux soins de santé dans 40 pays à revenu faible et intermédiaire. Cette étude se fonde sur des données recueillies entre 2002 et 2004 dans le cadre de l'Enquête sur la santé dans le monde, qui a sondé un échantillon de 53 625 hommes adultes fumeurs âgés de moins de 60 ans gagnant le principal revenu de leur ménage.

Les résultats

·La consommation quotidienne de tabac était liée à une réduction de 8 % des dépenses des ménages liées à l'éducation.

·La consommation quotidienne de tabac était liée à une réduction de 5,5 % des dépenses des ménages liées aux soins de santé.

Les messages forts

·Le tabagisme constitue un problème pour la santé publique et pour le développement.

·Le tabagisme compromet le développement dans les pays à revenu faible et intermédiaire.

·Les politiques de prévention et de réduction du tabagisme, notamment celles prescrites par la Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac, représentent des objectifs de développement dans les pays à revenu faible et intermédiaire.

Citation complète: Do YK et Bautista MA, « Tobacco use and household expenditures on food, education, and healthcare in low- and middle-income countries: a multilevel analysis », BMC Public Health, 15 octobre 2015 (1098).

Le texte complet de cette étude est disponible (en anglais seulement) à l'adresse suivante: http://www.biomedcentral.com/1471-2458/15/1098.

Autres ressources

·Si vous souhaitez obtenir une fiche d'information (en arabe, en anglais, en français et en espagnol) expliquant en quoi le tabac est un obstacle au développement, consultez la page Web suivante :http://global.tobaccofreekids.org/files/pdfs/fr/SDG_fr.pdf.

·Si vous souhaitez obtenir une gamme d'outils (en anglais, en français et en espagnol) qui aide les groupes de la société civile à militer en faveur d'actions de lutte antitabac efficaces afin d'atteindre les Objectifs de développement durable définis par l'ONU, consultez la page Web suivante: http://www.fctc.org/images/stories/SDGs_Toolkit_FR.pdf.

·Si vous souhaitez obtenir des informations (en anglais uniquement) sur la manière dont le tabac interagit avec les Objectifs de développement durable définis par l'ONU, consultez la page Web suivante :http://www.fctc.org/images/stories/SDGs_Tobacco_datasheet.pdf.

BMC Public Health Journal est une revue à comité de lecture en accès libre qui publie des articles sur l'épidémiologie des maladies et sur la sensibilisation à tous les aspects de la santé publique.

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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 14:32

Le 6 décembre 2015, lors de la 46e session de l’UNION à CAPE TOWN (en AFRIQUE DU SUD), la troisième séance plénière a examiné les initiatives prises par les gouvernements pour soutenir, via la taxation des produits nocifs pour la santé, les domaines de santé publique les moins financés et affecter ces recettes accrues à des programmes spécifiques.

Les trois orateurs ont présenté les modèles actuellement développés et utilisés dans leurs pays respectifs, en soulignant que la lutte antitabac est le premier domaine de santé publique à avoir largement bénéficié de ce type de financement. Le débat a été animé par le Directeur exécutif du Conseil national sud-africain contre le tabagisme, Yussuf Saloojee.

L’organisateur du débat, le Dr Saloojee, a déclaré : « La lutte antitabac est une pièce maîtresse de la lutte contre la tuberculose. Une personne sur cinq qui décède de la tuberculose est fumeuse. Le problème ne se réduit pas au sevrage. Il s’agit d’aider les gens à prendre de bonnes décisions pour leur santé en modifiant leur environnement».

Résumant cette forme de financement durable en faveur de la santé avec la formule « Taxer ce qui mauvais pour financer ce qui est bon », il a mis en évidence le potentiel d’une telle démarche pour s’attaquer à d’autres problèmes que le tabagisme, comme la consommation d’alcool et de sucre.

Le Ministre de la santé du Gouvernement de l’État indien de l’Himachal Pradesh, Kaul Singh Thakur, a présenté quant à lui les bons résultats du programme de lutte antitabac mis en place dans son État. Les lois antitabac s’appliquent désormais à tous les lieux publics de l’Himachal Pradesh et la vente de cigarettes à l’unité a également été interdite. Il a également évoqué les difficultés de financement du programme, qui ne bénéficie d’aucune subvention de la part du gouvernement fédéral. M. Thakur a expliqué que l’État utilise des sources novatrices de financement pour la lutte antitabac, notamment les recettes qu’il perçoit des amendes liées au non-respect de la loi antitabac et des fonds versés par des entreprises au titre de leur responsabilité sociale. Il a également insisté sur l’importance de protéger ces fonds contre l’ingérence de l’industrie du tabac.

Le Sous-Secrétaire du Ministère des finances du Gouvernement de la République des Philippines, Jeremias Paul, a présenté les avancées qu’a permis le droit d’accise appliqué dans son pays, aussi bien en ce qui concerne la réduction de la prévalence du tabagisme que l’augmentation des revenus par l’affectation souple des taxes. Ces fonds ont permis de contrebalancer le caractère régressif de l’augmentation des taxes sur le tabac en utilisant les recettes supplémentaires pour financer une couverture médicale universelle pour les populations défavorisées du pays. Il a expliqué que les organismes de promotion de la santé doivent suivre et communiquer la façon dont l’argent est dépensé ainsi que l’impact sur la santé publique. Lorsque les programmes s’avèrent efficaces, ils attirent davantage de financements : « L’argent appelle l’argent », a déclaré M. Paul.

La conseillère technique pour L’Union et coordinatrice pour le Viet Nam, Anne Jones, a pris la place du Directeur de VINACOSH, le Dr Luong Ngoc Khue, à la tribune. Elle a expliqué la façon dont le gouvernement vietnamien s’y est pris pour établir son propre Fonds de lutte antitabac en prélevant des contributions obligatoires auprès de l’industrie du tabac sur la base d’une approche « pollueur-payeur ». Fort du succès de cette initiative sur le financement de la lutte antitabac, le gouvernement élabore actuellement de nouveaux plans pour taxer d’autres produits nocifs, ce qui permettra de financer ses plans d’action pour atteindre ses objectifs nationaux en matière de santé, notamment dans le domaine de la lutte contre les maladies non transmissibles.

« La grande leçon de l’expérience vietnamienne est que le pays a mis en œuvre une loi antitabac exhaustive avec un Fonds de lutte antitabac qui permet d’atteindre les objectifs nationaux de santé et d’évaluer les résultats de façon stratégique », a conclu Mme Jones.

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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 15:49

Selon une étude récemment publiée par ERJExpress, la loi d'interdiction de fumer dans tous les lieux publics et la plupart des lieux de travail que l'Angleterre a adoptée en 2007 a entraîné une diminution des hospitalisations des enfants pour des infections respiratoires aiguës. Cette étude se fonde sur l'analyse de 1,65 million d'hospitalisations enregistrées dans la base de données Hospital Episode Statistics entre 2001 et 2012.

Les résultats:

• La mise en œuvre de la loi d'interdiction de fumer a engendré une réduction immédiate, à hauteur de 3,5 %, du nombre d'hospitalisations pour cause d'infections respiratoires aiguës. Cette baisse est principalement due à une diminution d'environ 14 % des hospitalisations pour cause d'infections aiguës des voies respiratoires inférieures, qui touchent les poumons. Ces infections englobent la bronchiolite, la bronchite, la pneumonie, la tuberculose et la grippe.

• Selon les estimations, la loi d'interdiction de fumer adoptée en Angleterre a globalement permis de prévenir 54 000 hospitalisations chez les enfants (âgés de 15 ans et moins) pour cause d'infections respiratoires aiguës, ce qui équivaut à environ 11 000 hospitalisations en moins par an dans tous le pays.

Messages forts :

• L'exposition au tabagisme passif est un facteur de risque majeur des maladies respiratoires, dont les infections aiguës.

• Les lois d'interdiction totale de fumer diminuent l'exposition au tabagisme passif et le risque d'infections respiratoires aiguës chez les enfants.

• Aux termes de l'article 8 de la Convention-Cadre de l'OMS pour la lute antitabac, les Parties sont tenues d’adopter des mesures législatives antitabac prévoyant une protection des citoyens contre l’exposition à la fumée du tabac dans les lieux de travail, les transports publics et les lieux publics intérieurs.

Citation complète : Been J. V., Millet C., Lee J. T., van Schayck C. P. et Sheikh A., « Smoke-free legislation and childhood hospitalizations for respiratory tract infections » (Loi d'interdiction de fumer et hospitalisations des enfants pour cause d'infection des voies respiratoires), publications d'ERS mise en ligne, puis imprimée le 28 mai 2015.

Texte complet (en anglais uniquement) disponible à l'adresse :

http://erj.ersjournals.com/content/early/2015/05/28/09031936.00014615

Autres ressources : Si vous souhaitez obtenir des fiches d'information sur les lois antitabac, y compris des points sur les faits relatifs aux effets nocifs du tabagisme passif et à la manière dont les lois antitabac améliorent la santé publique, (disponibles en arabe, en chinois, en anglais, en français, en portugais, en russe et en espagnol),

consultez la page Web suivante :

http://global.tobaccofreekids.org/fr/solutions/international_issues/smoke_free_laws/ ERJ Express est la première publication en ligne d'European Respiratory Journal, la revue officielle de l'European Respiratory Society. Elle publie des travaux cliniques et expérimentaux dans le domaine de la médecine respiratoire.

Pour toute question concernant cette étude ou la façon dont vous pouvez l'utiliser dans le cadre de vos efforts de lutte antitabac, n'hésitez pas à envoyer un courriel à l'adresse suivante : globalresearch@tobaccofreekids.org .

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5 juin 2015 5 05 /06 /juin /2015 05:44

~~par Daouda Elhadj Adam - SPS n° 311, janvier 2015

Selon les experts en santé publique, la cigarette électronique serait moins dangereuse que le tabac et constituerait pour cela une opportunité efficace au sevrage tabagique. Si cette affirmation peut sembler vraie pour les pays développés, il y a lieu de s’interroger sur les effets et les conséquences de la consommation de ce nouveau produit en Afrique et notamment dans les pays les plus pauvres, comme ici au Tchad.

En effet, avec la globalisation des économies et des échanges facilités par les nouvelles technologies de l’information et de la communication, l’Afrique n’est pas restée en marge de la société de consommation, qui jadis était réservée à l’Occident. La jeunesse, qui constitue la clé de voûte de cette économie globalisée, est en même temps la cible privilégiée des multinationales, qui franchissent aisément les frontières et imposent de nouvelles modes de consommation.

En ce qui concerne la cigarette électronique, l’on observe dans bien des capitales africaines l’ouverture de boutiques proposant ce produit. Par contre à N’Djamena, la capitale du Tchad, une seule boutique en vend, pour l’instant, à côté d’autres produits de grande consommation.

Un contexte de pauvreté généralisée

Le coût de la cigarette électronique – l’équivalent de 20 euros – reste ici très élevé pour les couches défavorisées de la population africaine. Le salaire journalier minimum du Tchadien est de moins de 3 euros par jour. Qu’un chef de famille dépense la moitié du budget du ménage à l’achat d’un paquet de cigarettes ou pour sa cigarette électronique va également contribuer à l’appauvrissement familial. Il faut bien comprendre que la majorité des Tchadiens sont confrontés au coût élevé de la vie, qui les pénalise déjà durement : plus des trois quarts des habitants n’ont pas accès à des latrines correctes et la majorité d’entre eux ne bénéficient pas de l’eau courante ; le taux d’accès à l’électricité ne dépasse guère 3 à 4 % de la population du pays.

Le taux de prévalence du tabagisme est de l’ordre de 20 % chez l’homme et reste très faible chez la femme, même s’il se dessine une tendance inquiétante à une progression du tabagisme féminin. L’introduction de la cigarette électronique dans un tel contexte ajoute un fardeau supplémentaire, inutile et évitable.

La priorité : empêcher les jeunes de devenir fumeurs

Certes, l’aide au sevrage tabagique est importante, mais c’est souvent une approche longue, complexe et coûteuse, hors de portée des budgets familiaux et qui n’est pas perçue comme une priorité nationale dans le contexte des difficultés auxquelles est confronté un pays pauvre comme le nôtre. L’urgence ici, c’est la prévention : il s’agit impérativement d’empêcher, autant que possible, les jeunes – cibles privilégiées de l’industrie du tabac – de s’initier au tabagisme. L’évolution démographique du Tchad, avec une population de plus en plus jeune, fait qu’il y a dans ce pays beaucoup plus de fumeurs potentiels que de fumeurs actuels, et il est urgent avant tout d’empêcher l’industrie du tabac (ou de la nicotine) de transformer ces fumeurs potentiels en fumeurs réels. La cigarette électronique offre une porte d’entrée nouvelle vers l’addiction nicotinique et à terme vers le tabagisme, qui risque de mettre en échec notre politique de prévention. Nous n’avons pas les moyens de prendre ce risque.

Même si, pour l’instant, l’e-cigarette est distribuée par de petites sociétés indépendantes, on voit que les multinationales du tabac sont en train de s’emparer de ce marché pour l’utiliser en synergie avec leur produit traditionnel. Comme avec la cigarette conventionnelle, on peut s’attendre à ce que ces compagnies se servent de la cigarette électronique pour piéger les jeunes Tchadiens dans l’addiction à la nicotine, en les entraînant dans le cycle d’une consommation compulsive, avec pour but de ponctionner une part importante de leurs revenus. Globalement, cette ponction appauvrit le pays car cet argent ne reste pas chez nous mais quitte le continent pour aller enrichir les actionnaires occidentaux de ces multinationales.

En conséquence, alors que nous commençons à peine à enregistrer quelques succès dans la lutte contre le tabagisme, nous sommes soucieux de prémunir la jeunesse contre les intentions des marchands de tabac en les empêchant de promouvoir ce nouveau produit auprès des adolescents. Nous connaissons toute la puissance de leurs méthodes de marketing et savons qu’ils peuvent allécher notre jeunesse en présentant la cigarette électronique comme le dernier gadget high-tech à la mode dont la possession et l’utilisation deviendraient des symboles ostentatoires d’un style de vie occidental.

Éviter un produit addictif de plus

En définitive, l’Afrique n’a pas la nécessité d’un produit addictif de plus : nous avons déjà la cigarette conventionnelle, qui nous a été imposée depuis des décennies et qui détourne une partie importante de nos ressources vitales pour satisfaire les besoins fondamentaux de nos familles – alimentation, logement, éducation et santé – et pour améliorer la qualité de vie de nos populations. La jeunesse africaine, fer de lance de notre développement, doit avoir accès à des emplois décents et à des services de base efficients pour réaliser pleinement ses formidables capacités et prendre en main le futur de notre continent. Elle n’a pas besoin de cigarettes électroniques.

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